Distribution

Textes : Gilles Boulan, Anne-Claire Brelle et Marc-Emmanuel Soriano
Jeu
: Lucas Bernardi, Michel Deleuze, Mathilde Desmoulins, Bérénice Doncque et Mathilde Vieux-Pernon
Mise en jeu : Yves Doncque
Régies : Florian Lyonne
Costumes : Sarah Chabrier
Production : Marine Daviau, Siriane Pivot

 

Création le 22 mars 2019 à L’heure bleue – scène régionale de Saint-Martin d’Hères

Force est de constater qu’il y a de plus en plus d’étrangers dans le monde ! D’ailleurs que sont devenus les gens d’Issy ? Certains ne sont plus là ? Les autres ?… Nous vous proposons de prolonger la vie de nos personnages. Nous avons appris à les connaître, les aimer ou les détester. Ils nous semblaient parler avec une certaine justesse de questions qui nous préoccupent. Celles du territoire et de l’étranger ; de l’accueil ; d’une nécessaire et possible solidarité. Nous les avons confiés à trois auteurs. Ils ont eu toute liberté de nous les raconter à leur manière. Nous les remettons en question et en jeu pour vous. Vous qui serez là, sur cette place d’Issy. D’ailleurs, vous les avez peut-être déjà croisés ?

Cette nouvelle création propose aux personnages de Y a-t-il trop d’étrangers dans le monde ? (création 2017) de se laisser aller vers de nouvelles interrogations, intrigues et controverses, guidés par la plumes de trois auteurs : Anne-Claire Brelle, Gilles Boulan et Marc-Emmanuel Soriano. Chacun de ces auteurs a reçu comme consigne d’écrire un quart d’heure de jeu. Trois fois quinze minutes durant lesquelles la question « Y a-t-il trop d’étrangers dans le monde ? » continue d’être explorée par les habitants de la petite ville d’Issy.


Note d’intention

A l’origine, il y a les personnages du spectacle « Y a-t-il trop d’étrangers dans le monde ? », ainsi que son espace circulaire qui figure à la fois la ville d’Issy et sa place publique.

Il y a ensuite la commande faite de trois textes à trois auteur·es, sur la base de ces conventions.

Le choix de faire appel à trois auteur·es de théâtre différent·es laissait supposer d’avoir trois styles ou niveaux d’écriture différents, donc la nécessité de trouver les points d’accord et les modes d’intégration de ces trois textes. C’était là notre part d’écriture.

Ce travail a été rendu possible par la convention passée avec les auteur·es qui nous livraient leur texte aussi comme un matériau brut, nous laissant cette possibilité d’intervenir dans le mode de narration mis en place pour les dire et les jouer.

Dans une dystopie (récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre), nous nous projetons quelques années (combien ?) après l’arrivée des premiers migrants à Issy, dans une situation pré ou quasi insurrectionnelle, générée par l’arrivée de ceux-ci.

Au fil de la narration d’un des trois textes, dont l’histoire sert de fil conducteur, nous avons inclus les autres textes, tels des flashbacks ou des réminiscences. Ils nous amènent à mieux comprendre à la fois la situation (comment en est-on arrivé là ?), mais aussi les personnages (comment refusent-ils, ou pas, cette situation ?).

Dans la partie d’écriture que nous nous sommes réservée, au-delà de cette imbrication des textes, il nous semblait également, tout en respectant le style des auteur·es, que nous ne devions pas perdre de vue la manière dont nous avions créé et fait s’exprimer les personnages dans le spectacle précédent « Y a-t-il trop d’étrangers dans le monde ? ».

Nous avons donc pris comme direction de travail, le parti de nous dire qu’à travers les textes écrits par nos auteur·es, il y avait la dimension d’un scénario qui nous laissait quelques libertés pour revisiter les dialogues voire en fabriquer d’autres.

Encore une fois, ce sont nos personnages, à la fois pour chacun-e des comédien·nes les ayant créés et les portant, comme pour l’équipe artistique dans son ensemble, qui nous ont guidés tout au long de notre démarche.  Non seulement ils ont eu toujours leur mot à dire, mais leur point de vue, que nous avons écouté avec attention, a été une aide déterminante dans la création de la suite de leurs aventures.

Le fait de confier nos personnages à trois auteur·es à qui ils étaient étrangers, nous a permis non seulement de les revisiter, mais de découvrir des facettes nouvelles de leur parcours et nous a amené aussi à nous re-confronter entre nous, à travers les discussions qui ont accompagné ce travail d’écriture, à des questionnements à la fois idéologiques et politiques, que nous pouvions penser aboutis et dans lesquels non seulement « Y a-t-il trop d’étrangers dans le monde ? » mais « Le chemin de la maison » ont joué un rôle important.

Enfin, le choix fait dès le départ de travailler le même espace que celui de la création initiale « Y a-t-il trop d’étrangers dans le monde ? », qui pouvait être une règle relativement enfermante, s’est avéré être une convention qui a tout au long du travail enrichit le propos. Sans chercher à innover, cette scénographie nous sortait des conventions habituelles de la scène frontale et nous semblait d’autant mieux coller à notre propos, imposant d’entrée un autre rapport du public à la représentation. Notre choix d’une dystopie, avec flashbacks et réminiscences, nous a conduits à réinventer notre espace, en termes de temporalité, en nous demandant s’il pouvait aussi donner la dimension des différents temps : « maintenant » est-il au centre de l’espace ? et « hier » autour ? ou l’inverse ? le public est-il « demain » ?!

Tout cela nous a permis de vérifier à nouveau qu’entre théâtre et politique, idéologie et spectacle, une vraie cohérence se dégageait de notre parcours, notamment dans le cadre de notre résidence sur la commune de Saint Martin d’Hères.


Étapes de création

Jeudi 20 septembre, 18h

Au Coléo de Pontcharra
Sortie de résidence

Vendredi 14 décembre, 18h

A l’Espace Culturel René Proby
Répétition publique