Distribution

Texte de Gilles Boulan

Mise en jeu : Yves Doncque
Jeu :
Lucas Bernardi, Michel Deleuze, Mathilde Desmoulins, Bérénice Doncque,  Mathilde Vieux-Pernon
Création et régie son et lumière :
Florian Lyonne

Costumes : Sarah Chabrier
Scénographie : Damien Cros
Production : Marine Daviau, Violaine Simon
Diffusion : Siriane Pivot

Créé le 25 avril 2018 à L’heure bleue – scène régionale – de Saint-Martin-d’Hères.


Sans nommer les terres ni les pays, sans indiquer de date non plus, cette pièce prête sa voix aux déracinés de tous les temps et de toutes les contrées dont elle exalte les douloureuses errances et les rêves de territoires si doux à habiter, si difficiles à partager.

« Au moment où ils ont dû quitter leur  maison, sa mère lui en a confié la clé et lui a fait promettre d’en prendre soin. Il n’était alors qu’un enfant, il ignorait que ce départ était définitif. Plus d’un demi-siècle plus tard, cet écrivain installé en France décide d’honorer sa promesse et de reprendre, comme Ulysse, le chemin de la maison. Il ne sait pas ce qu’elle est devenue, ni si elle est toujours debout. Et la clé est une bien lourde charge qui fait hurler les sirènes des portillons d’aéroport. »

Note d’intention

« Étranges frontières »

Après s’être posé la question des mouvements migratoires et de l’immigration avec la création collective Y a-t-il trop d’étrangers dans le monde ? (création 2017), le Théâtre du Réel poursuit sa réflexion sur l’exil, le déracinement, le retour, les origines. Le deuxième volet de notre parcours de création « Etranges frontières » s’empare à nouveau de cette notion de frontières afin d’aborder le concept de territoire. Sur quoi se fondent le crédit et la légitimité d’une personne ou d’un rassemblement de personnes à occuper une terre ? Quels procédés a-t-on observés dans l’histoire permettant à une population de s’approprier un territoire ?

Pour tenter de répondre à ces questions, et quelques autres qui en découlent, le Théâtre du Réel a choisi de mettre en scène un texte de Gilles Boulan Le chemin de la maison.

Cette nouvelle création se veut centrée sur la Palestine, source d’inspiration du texte, mais dont le nom n’est jamais dit, la terre où se trouve la maison devenant ainsi le territoire emblématique de ces situations d’exil et de déracinement. En les invitant à regarder le monde à travers le prisme de cette injustice contemporaine, métaphore de toutes les appropriations territoriales illégales, le Théâtre du Réel souhaite inviter les spectateurs à s’interroger sur les comportements coloniaux et colonialistes, qu’ils soient à l’origine d’un état et d’un peuple, ou qu’ils visent à faire perdurer une occupation ancienne.

Qu’ils soient « légitimés » par le temps, par une religion, ou une proximité culturelle, ces vols n’ont plus lieu d’être. Nous voulons susciter un besoin de réflexion quant aux arguments, souvent fallacieux, qui viennent les légitimer, éveiller une envie de révolte face au déracinement et à l’exil forcé, à l’injustice qu’ils entraînent.

 

Le texte de Gilles Boulan

Au moment de quitter leur maison, sa mère lui en a confié la clef et lui a fait promettre d’en prendre soin. Il n’était alors qu’un enfant, il ignorait que ce départ était définitif. Plus d’un demi-siècle plus tard, devenu écrivain et installé en France, il décide d’honorer sa promesse et de reprendre, comme Ulysse, « le chemin de la maison ».

Les pérégrinations de ce voyageur sans nom nous mènent à la rencontre de personnages emblématiques de cette épopée contemporaine, à la dimension tragique d’un « western palestino-israélien », où les indigènes sont progressivement de plus en plus parqués dans des réserves.

 

La démarche

Après une mise en espace circulaire dans une scénographie simple et dépouillée, avec Y a-t-il trop d’étrangers dans monde ?, le Théâtre du Réel adopte cette fois un rapport au public frontal, avec un espace de jeu essentiellement occupé par des grilles.

Alimentée par de nombreux visionnages de films, comme Cinq caméras brisées, et de multiples lectures, de la bande dessinée Palestine de Joe Sacco,… à l’analyse politico-historique (Israël, Palestine, vérités sur un conflit d’Alain Gresh), la prise de position artistique se place dans une volonté de donner à voir, de façon simple et directe, des images brutes, souvent brutales, théâtralement travaillées pour donner une vision quasi-documentaire, distanciée par l’écriture lyrique de l’auteur.

Dans cette démarche, la mise en scène imaginée pour faire cohabiter le texte de Gilles Boulan et le plateau, s’articulera autour des grilles qui permettront de faire exister plusieurs territoires et qui se déplaceront au fil de la progression du héros vers son but.

Les grilles sont frontières, elles rappellent – et interpellent – la présence des checkpoints, du mur israélien, le cloisonnement des territoires. Du grillage aux barbelés, elles font exister les lieux dans une dimension d’inclusion et d’exclusion, de démarcation entre orient et occident, de définition entre un dedans et un dehors. Le son comme la lumière tiennent une place importance dans le spectacle. De l’alarme du portillon d’aéroport au bruit de la voiture qui attend pour partir, des projecteurs dans les yeux aux îlots de lumière dans le camp, ces éléments rappellent les territoires morcelés et occupés par l’armée israélienne et les colons.

Ce spectacle a fait l’objet d’une captation financée par l’ADAMI. www.adami.fr


Étapes de création

Vendredi 2 février 2018, 19h30

au Théâtre des Asphodèles (17 rue Saint-Eusèbe, 69003 Lyon)

Sortie de résidence

Mardi 6 mars 2018, 19h

à La Faïencerie (74, Grande-Rue, 38700 La Tronche)

Répétition publique

Mardi 17 avril 2018, 19h

à L’heure bleue (rue Jean Vilar, 38400 Saint-Martin d’Hères)

Répétition publique


L’équipe a été accueillie en résidence :

– Le Baz’Art(s), Saint-Martin d’Hères (38)
– La Mure Cinéma Théâtre, La Mure (38)
– L’Amphithéâtre, Pont de Claix (38)
– APF Le Chevalon, Voreppe (38)
– Théâtre des Asphodèles, Lyon (69)
– Espace Paul Jargot, Crolles (38)
– La Faïencerie, La Tronche (38)
– Théâtre du Rond Point, Valréas (84)
– L’heure bleue, Saint-Martin d’Hères (38)